LE PERSONNAGE DU MOIS

Chaque mois un personnage lié à Longvilliers

Eustache II, dit aux Gernons
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Eustache II, dit aux Gernons (longues moustaches) fut comte de Boulogne de 1047 à 1088 (environ).
Il épousa en secondes noces Ide de Lorraine (Sainte Ide). Leur fils Godefroy de Bouillon fut le célèbre héros de la première croisade et leur petite fille Mathilde devint reine d'Angleterre.

Eustache II occupe une place de choix, à côté de Guillaume le Conquérant, sur la non moins célèbre tapisserie de Bayeux. Selon une thèse récente, très argumentée, il pourrait même en être le commanditaire.

     

Tapisserie de Bayeux: Guillaume le Conquérant et Eustache II (à droite)
C'est Eustache II qui fit construire en 1049 une forteresse qui fut à l'origine du développement de Longvilliers.
Il y aurait possédé une ferme de 1000 moutons.

le nom de son fils Godefroy de Bouillon fut donné à l'une des tours du château de Longvilliers.

Sa petite fille Mathilde eut un rôle important dans la création de l'abbaye Notre Dame de Longvilliers.

On peut voir sur la tapisserie qu'il brandit un étendard représentant une croix entourée de quatre disques.
Ceux-ci pourraient représenter les quatre châtellenies qui assuraient la défense du comté de Boulogne: Fiennes, Belle-Houllefort, Tingry, Longvilliers.

Selon cette hypothèse Longvilliers serait donc représenté sur la tapisserie de Bayeux.
 
Louis IX dit Saint Louis
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Louis IX "le Prudhomme", plus connu sous le nom de Saint Louis est un des rois les plus aimés par les français, sinon leur préféré.

Monté sur le trône à l'âge de 12 ans en 1226 (sa mère Blanche de Castille exerçant alors le pouvoir), il régna jusqu'à sa mort en 1270. Il fut canonisé par l'Église catholique en 1297.



L'histoire en a retenu l'image du bon roi rendant la justice sous un chêne de Vincennes.
Le 27 novembre 2008 à été vendu aux enchères à l'hôtel Drouot à Paris un parchemin d'une charte de Louis IX.
Datée de 1256, cette charte est relative à la "confirmation par Gautier de Nempont de toutes les transactions passées par ses prédécesseurs avec l'abbaye de Longvilliers et amortissement de tous les biens acquis par le couvent sur les territoires de Nempont et de Lépine."

Estimé 500€, ce parchemin a été adjugé 1800€.

 
Godefroy de Bouillon
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Godefroy de Bouillon né aux environs de 1060, fils d'Eustache de Boulogne et de Ide de Lorraine, qui fut béatifiée, est l'un des personnages les plus renommés de toute la chrétienté.

Il fut l'un des principaux chefs de la première croisade et était au premier rang des assaillant lors de la prise de Jérusalem en juillet 1099.

La conquête de la Palestine amena la création d'un nouveau royaume dont il fallait un roi. Pour toutes ses qualités, ce fut Godefroy qui fut élu, mais il refusa le titre, arguant qu'il ne pouvait porter une couronne d'or là où le Christ avait porté une couronne d'épine. Il accepta finalement la charge en se contentant du titre d'avoué du Saint Sépulcre à la place de celui de roi.
Dans le protocole des déclarations de leurs biens au xviiie siècle, les religieux de Longvilliers déclarent que leur abbaye fut fondée par Etienne, roi d'Angleterre, et Mahaut, sa femme, nièce de Godefroi de Bouillon "qui a esté nourit dans le chasteau de Longvilliers, où est une tour qui porte son nom".

Deseille Ernest (1885-1886) - L'Année boulonnaise, Ephémérides historiques intéressant le pays boulonnais. Mémoires de la Société Académique de l'Arrondissement de Boulogne-sur-Mer, tome 8. Boulogne-sur-Mer: Imprimerie Veuve Charles Aigre, page 16

Que Godefroy de Bouillon fût né à Longvilliers ne saurait être qu'une légende.
Cependant l'existence d'une tour Godefroy de Bouillon à Longvilliers pourrait s'expliquer par la tradition, beaucoup plus vraisemblable, selon laquelle "ce prince y avait été transporté dans son enfance, pendant une peste qui causait à Boulogne d'affreux ravages"

Le Roi A. (1839) - Histoire de Notre-Dame de Boulogne. Boulogne-sur-Mer: Le Roy-Mabille, page 246.

Historiens français et belges s'opposent sur son lieu de naissance: Boulogne-sur-Mer pour les premiers et Baisy-Thy, aujourd'hui section de la ville belge de Genappe, pour les seconds.

 
Lous Tchancayres
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Ce personnage du mois est en fait un groupe de personnages.

Lous Tchancayres, en français Les Échassiers, est un groupe folklorique et artistique d'échassiers landais.

Fondé en 1972 à Mont de Marsan (département des Landes), ce groupe s'attache à perpétuer et à faire découvrir les coutumes des landais au travers des musiques et des danses, lors de nombreux spectacles.

En costume traditionnel, du haut de leurs échasses, les danseuses et danseurs étonnent par leur habileté à interpréter rondeaux, polkas, gigues, scottishes...


En août 1997, le groupe Lous Tchancayres a été accueilli à Longvilliers, dans le cadre du festival folklorique du Hareng d'Or.
De 1979 à 20012, le hareng, poisson roi de la Côte d'Opale a donné son nom à l'un des plus grands festivals de folklore français qui se déroulait à Etaples-sur-Mer et dans les communes voisines. Ce festival rassemblait, généralement autour du 15 août, les plus fameuses formations de danses folkloriques et de chants traditionnels des provinces françaises, y compris des départements d'Outre Mer.
De nos jours, une série d'assiettes commémoratives du concours du Hareng d'Or orne la salle des Associations de Longvilliers

Hareng d'or

Comme lors de sa précédente participation en 1981,
Lous Tchancayres a remporté le Prix du Public.

Lous Tchancayres exécutant Le Carillon à Longvilliers

Lous Tchancayres exécutant La Gigue à Longvilliers
 
Le chevalier de La Barre
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Jean-François de la Barre dit le chevalier de La Barre est un symbole de la laïcité et de la liberté d'expression.

Né le 12 Septembre 1745 au château de Férolles-en-Brie, il fut condamné le 28 février 1766 par le tribunal d'Abbeville pour "impiété, blasphèmes, sacrilèges exécrables et abominables", décrits par les attendus comme:
- "avoir passé à vingt-cinq pas d'une procession sans ôter son chapeau qu'il avait sur sa tête, sans se mettre à genoux;"
- "avoir chanté une chanson impie;"
- "avoir rendu le respect à des livres infâmes au nombre desquels se trouvait le dictionnaire philosophique du sieur Voltaire."

Le 1er juillet 1766 à Abbeville, on enserra ses jambes entre des planches de bois et on enfonça des fers entre ses genoux et ces planches pour briser les os (question ordinaire).

Une pancarte sur laquelle était inscrit "impie, blasphémateur et sacrilège exécrable" fut placée sur son dos. Le bourreau le décapita d'un coup de hache. On cloua sur son torse un exemplaire du Dictionnaire philosophique de Voltaire et on jeta son corps au bûcher.

Il était âgé de 20 ans.

Le chevalier de La Barre fut réhabilité par la Convention le 25 brumaire an II (15 novembre 1793).
Longvilliers abrita et tenta de sauver
le chevalier de la Barre


C'est en effet à l'abbaye Notre-Dame de Longvilliers où il avait trouvé refuge qu'il fut arrêté le 1er octobre 1765.
Son arrestation est décrite dans l'ouvrage suivant:

Chassaigne M. (1920) - Le procès du chevalier de la Barre. Paris: J. Gabalda, pages 81,85-87.

 
Lancelot de Longvilliers
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Aux 13ème et 14ème siècles Les Cayeu (ou Cayeux) furent de puissants châtelains de Longvilliers, figurant dans l'entourage du Comte de Boulogne. Dans le courant du 13ème siècle, Arnoul III de Cayeu réunit la baronnie d'Engoudsent et la seigneurie de Marquise à son territoire.

Selon Aubert de La Chesnaye des Bois F.-.A. (1783, page 125), Lancelot de Cayeu était le fils de Warin (ou Warrin) de Cayeu, seigneur de Longvilliers, dont l'épouse est inconnue. Il naquit vraisemblablement en 1345.

Il est mentionné comme "Chevalier, Seigneur de Longvilliers, Gouverneur & Sénéchal du Boulonnois en 1378."

Il faut souligner que Lancelot conserva le nom de Longvilliers sans en posséder la terre, puisque la seigneurie de Longvilliers devint à partir de 1386 la propriété des Blondel.




Parti de gueules et d'argent à la croix ancrée de l'un en l'autre


Aubert de La Chesnaye des Bois F.-.A. (1783) - Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France, Tome XIII. Paris: Badiez.

Le Laboureur J. (1663) - Histoire Charles VI. Roy France, Escrite par les ordres et sur les memoires et les avis Guy Monceaux, et Philippes Villette, Abbez Sainct-Denys, par un autheur contemporain Religieux leur Abbaye. Contenant Tous Les Secrets L'Estat, Et Du Schisme l'Eglise, avec les interests et le caractere des Princes Chrestienté, des Papes, des Cardinaux, et des principaux Seigneurs France. Traduite sur le Manuscrit Latin tiré de la bibliotheque M. le President de Thou; illustrée de plusieurs commentaires, tirez de tous les originaux de ce regne; avec un Discours succinct des vies et moeurs, et de la genealogie, et des armes de toutes les personnes illustres du temps, mentionnées en cette histoire et en celle de Jean Lefevre, Seigneur de S. Remy, pareillement contemporain, qui y est adjoustée, et qui n'avoit point encore esté veuè. Tome I. Paris: Louis Billaine.

Si plusieurs des seigneurs de Longvilliers furent des personnages importants, on peut particulièrement mentionner Lancelot de Cayeu pour avoir contribué à faire connaître le nom de Longvilliers.

Un titre de l'avant dernier jour de Septembre 1380 le cite pour la vente d'une rente sur une maison située rue Saint Jean à Boulogne. En 1500, on voyait encore, au bas de la rue du Puits-d'Amour à Boulogne, l'Hôtel de Longvilliers (Aubert de La Chesnaye des Bois, 1783, page 125).

Plus encore, dans l'Histoire de Charles VI, Roy de France (Le Laboureur, 1663), Lancelot de Longvilliers est classé parmi les personnages les plus importants du Royaume de France, "Principaux Princes de Sang, Grands Officiers, Ministres d'Etat, Favoris de la Cour de France."
Dans la liste qui est établie pour chaque année du règne, Lancelot de Longvilliers figure à 12 reprises: de 1390 à 1395 et de 1400 à 1405. Cette liste ne comporte qu'un nombre limité de noms, comme on peut par exemple le voir ci-dessous dans celle de l'année 1393 (Livre douzième, page 237).

 
Roger d'Aumont de Chappes
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Roger d'Aumont de Chappes est né vers 1605 et est mort à Paris le 25 mars 1653. il est le fils de Jacques d'Aumont, Seigneur de Chappes, et Charlotte Catherine de Villequier, son épouse.
Membre d'une famille illustre, Il est le petit-fils de Jean d'Aumont, Maréchal de France, présenté comme "un des grands capitaines de son temps". Il est le frère cadet d'Antoine d'Aumont de Rochebaron (1601-1669), qui fut également Maréchal de France.

Destiné à une carrière ecclésiastique, il apparaît très jeune dans le Minutier central des notaires de Paris en date du 27 juillet 1623 comme abbé de l'Usarche [d'Uzerches] avec l'information suivante:

d'AUMONT (Roger) abbé de l'Usarche, émancipé et jouissant de ses droits sous l'autorité de Charles LABBE, avocat en Parlement son curateur § Déclaration de Roger d'AUMONT comme quoi pour tirer ses bulles de sadite abbaye des mains de François PARISOT, banquier expéditionnaire en cour de Rome, il a tiré Lettre de Change de 4000 £ prises du sieur de RAMBOUILLET, banquier en ladite cour, dont 3300 pour les bulles et 340 £ pour les Intérêts dud. RAMBOUILLET.

Dans ce même minutier il est décrit le 28 mai 1626 comme "conseiller et aumônier ordinaire du Roi".

Minutes et répertoires du notaire Jean II CHAPELLAIN, janvier 1620 - 11 février 1632 (étude XXIV). Minutier central des notaires de Paris 1ère édition électronique. Archives nationales (France), Pierrefitte-sur-Seine 18 juin 2013 (pages 200 et 360).



Fidèle serviteur du Roi, il bénéficia largement de la pratique de la commende selon laquelle une abbaye était donné par le Roi en usufruit à un commendataire qui en percevait les revenus (voir la partie Histoire).
Cela lui valut d'être abbé commendataire des abbayes d'Uzerche (Correze), Barzelle (Indre), Beaulieu (Tarn-et-Garonne), Saint-Georges-sur-Loire (Maine-et-Loire), Longvilliers.

Il devint évêque d'Avranches (Manche) en 1645, mais il se démit de ses fonctions épiscopales dès 1651 en échangeant son évêché avec Gabriel Boislève, sieur de Malnoël, contre l'abbaye de Saint-Aubin des Bois (Côtes-d'Armor). Selon le site infoBretagne, "il se montre véritable pasteur et fait beaucoup de bien dans son diocèse."
Le 4 mai 1642, Claude de S. Bonnet de Toiras, qui était abbé de Longvilliers, mourut subitement. Deux jours seulement après le Cardinal de Richelieu recommanda au Roi Louis XIII de gratifier de l'abbaye de Longvilliers le "très honneste gentilhomme" Roger d'Aumont de Chappes.

M. Avenel (1874) - Lettres, instructions diplomatiques et papiers d'état du cardinal de Richelieu, tome 7. Paris: Imprimerie Nationale, page 305.

En conséquence de la démolition de l'abbaye et de la disparition de ses archives à la révolution, les abbés de Longvilliers n'y ont guère laissé de souvenirs.
Roger d'Aumont de Chappes fait exception, puisqu'il a laissé une marque qui est encore visible de nos jours. A l'entrée de la ferme de la Longueroye, qui était une dépendance de l'abbaye, on peut voir un blason sculpté dans une pierre en oolithe de Marquise, où est gravée la date 1647.
Surmonté d'un chapeau prélatrice, il représente les armes de Roger d'Aumont de Chappes. Le blason a été victime des révolutionnaires et seule la "crosse en pal" est encore visible. A la ferme de l'abbiette à Attin, autre dépendance de l'abbaye de Longvilliers, on peut voir une pierre sculptée identique.
La présence de ces pierres laisse penser que Roger d'Aumont de Chappes fit effectuer des travaux de restauration importants dans ces deux fermes. C'est peut-être en partie grâce à lui que les deux granges cisterciennes de ces fermes sont encore remarquables de nos jours et sont classées monuments historiques.
 
Stephen Tobin
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Stephen Tobin est traducteur, photographe et auteur. Il est né à Istanbul (Turquie), d'un père anglo-irlandais et d'une mère belge. Après des études en Grande-Bretagne, il a vécu en Angleterre, en France et en Belgique, et a résidé avec son épouse à Florence pendant plus de 30 ans.
Il s'est principalement intéressé à l'histoire médiévale de l'Europe et du Moyen-Orient. Il a publié en anglais un livre intitulé "The Cistercians: Monks and Monasteries of Europe", qui a été traduit en français.
A la lecture de ce livre, on est notamment étonné par le grand nombre d'innovations dans le domaine de l'agriculture qui ont trouvé leurs origines dans les abbayes cisterciennes du 11ème au 13ème siècles.

Stephen Tobin (1995) - The Cistercians: Monks and Monasteries of Europe. Londres: Herbert Press, Travel Series, 240 pages.
Stephen Tobin (1995) - Les Cisterciens: Moines et monastères d'Europe (traduit par Emmanuel Billoteau). Paris: Éditions du Cerf, 239 pages.

Son livre mentionne Longvilliers dans la liste des abbayes cisterciennes. Mais surtout, Stephen Tobin, au cours des voyages qu'il effectua pour se documenter sur les abbayes cisterciennes d'Europe, est venu à Longvilliers.

Il en ramena de belles photos, notamment de la grange de la ferme de la Longueroye et de l'ancien moulin à eau de l'abbaye.
On peut voir plusieurs de ces photos sur la page de l'abbaye de Longvilliers (sous son ancien nom de Longvillers) d'un site italien très complet consacré aux cisterciens.



Site italien
sur les abbayes cisterciennes
 
Diane de Sourhouette du Halde
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Diane était la fille de Pierre de Sourhouette du Halde, premier valet de chambre du roi Henri III.

Son père suivit fidèlement le roi tout au long de son règne. Il avait le privilège de "coucher ordinairement en la chambre royale" et faisait de ce fait partie du cercle restreint des favoris que l'on appelait les "mignons de Henri III" (voir la partie Histoire).



Le roi Henri III dansa à sa noce

Le 4 février 1587, à Paris, Diane épousa Robert de Halluin (ou Hallwin). Son père lui donna une dot de 5 000 écus, somme considérable à l'époque. Henri III lui fit de très riches présents et dansa à sa noce.


Le jeudi gras, 4e jour de febvrier, Du Halde maria sa fille unique à l'un des puisnés de la maison de Pienne, à laquelle le Roi donna 20 mil escus en deniers clairs et comptans, et Du Halde, 5 mil escus de rente, en fonds de belles terres, qui estoit un beau et precieux dot, pour la fille d'un Manseau laquais de son premier mestier, et lors du mariage, premier valet de chambre du Roy son bon maistre. vingt mille écus et six cent mille écus sur tout le royaume. Encores le favoriza le Roy de tant, qu'il alla à la nopce après souper, en masque et y fist un brave ballet, de cinq hommes et de cinq femmes, avec excellente musique.

L'Estoile, P (1837) - Nouvelle collection des mémoires pour servir à l'histoire de France, tome 2, Registre-journal de Henri III. Publié d'après le manuscript autographe de Pierre Lestoile (1546-1611), presqu'entièrement inédit, par MM. Champollion-Figeac et Aimé Champollion fils. Paris: Editions du commentaire analytique du Code civil, page 214.

Robert de Halluin fut tué à la bataille de Coutras le 30 octobre 1587, victime de son dévouement au roi Henri III.



On trouve encore, quelques mois après un contrat de mariage, établi avec Léonor d'Halluin, le frère de Robert.


Léonor d'Hallwin, seigneur du "Roussoy", et Diane de Sourhouette: contrat de mariage. Par ce contrat Charles d'Hallwin, duc d'Hallwin, marquis de Maignelay, et Anne Chabot, sa femme, père et mère de Leonor d'Hallwin font donation à leur fils des terres et seigneuries du "Roussoy", Proyart et "Launoy" situées en Picardie jusqu'à la valeur de 2666 écus, deux tiers de revenu annuel et lui donnent ici à présent la jouissance de la terre du "Roussoy", et Pierre de Sourhouette du Halde, chevalier, baron d'Avrilly, capitaine et gouverneur pour le Roi en la Ville et Château d'Etaples, couchant ordinairement en la chambre de sa majesté, père de Diane de Sourhouette fait donation à sa fille d'une rente de 8333 écus, un tiers, lui donne la jouissance de la terre et seigneurie de Longvillers (près Etaples ?) et la reconnait pour son unique et future héritière universelle.
Date de l'acte : 19 fevrier 1588


Campardon E., Samaran C, Fleury M.-A., Vilar G. - Châtelet de Paris.Y//128-Y//132. Insinuations (27 juillet 1586 - 24 juillet 1592). Inventaire analytique. Pierrefitte-sur-Seine: Archives nationales (France), XIXe siècle.
Pierre de Sourhouette du Halde était devenu propriétaire de la châtellenie de Longvilliers en 1580. On a dit que Henri III avait payé cette acquisition. Fidèles au roi protestant, Pierre de Sourhouette du Halde et son fils Charles furent, en cette époque des guerres de religion, la cible de la Ligue Catholique. Le 30 janvier 1589, deux des lieutenants du duc d'Aumale, Rambures et Maiguoulx, le gouverneur de Montreuil, attaquèrent le château de Longvilliers avec une armée imposante.



Charles de Sourhouette du Halde mourut peu après, des suites de ses blessures. C'est sa sœur Diane qui hérita du château de Longvilliers.
La jeune veuve avait vu mourir en moins de deux ans son mari, son père et son frère. On peut par ailleurs s'interroger sur le contrat de mariage ci-contre avec Léonor d'Halluin. On ne trouve apparemment nulle trace ailleurs d'un tel mariage. Au contraire, il est dit que Léonor, qui fut tué à la prise de Doullens par les espagnols en 1595 n'avait jamais été marié.
Quoi qu'il en fût, il est établi que Diane, qui avait alors une fortune considérable, se remaria en janvier 1593 avec François de Belleval de Rouvroy. Elle semblait poursuivi par le destin puisque celui-ci mourut jeune, en février 1602, laissant deux filles mineures sous la tutelle de sa femme.

Une fortune considérable au château de Longvilliers

Celle-ci fit alors procéder à l'inventaire et à l'estimation du mobilier garnissant le château de Longvilliers où elle demeurait. L'extrait suivant de cet inventaire, limité ici aux robes et jupes de sa garde-robe, donne une idée de la fortune que contenait le château de Longvilliers.


une robe de velours noir et une autre de taffetas à fond gris; une robe de crèpe de soie et autre de damas noir bandé de velours noir, avec la jupe en velours noir; "deux corps de robe" sans manches, en taffetas et en satin de soie un corps de robe de velours noir, avec les manches découpées: un autre de taffetas orange; un autre en satin blanc un autre en étamine a fond de satin "gris garny de ject par dessus à manches ouvertes, deschiquetées"; le devant d'un corps de robe en velours noir; huit "devantures de cottes" en satin de soie broché cramoisi, en velours tanné avec les "mancherons" pareils, en drap d'or, en velours jaune brodé d'argent avec les mancherons pareils, en toile d'argent "en broderie d'or et de canetille", en satin broché, cramoisi, en satin blanc brodé d'argent un "bas de cotte" en velours noir; un autre en toile d'argent incarnat piquée d'or; "un des côtés de la queue d'une robe" en satin noir broché d'or; quatre jupes, une en "toile d'or violette", une en toile d'argent, une en toile d'or incarnat brochée d'or, une en velours vert "à la Reître")".

de Belleval R. (1900) - Les derniers Valois: François II, Charles IX, Henri III. Paris: Librairie historique et militaire Henri Vivien, pages 205-207.

Diane de Sourhouette du Halde se remaria encore avec Jacques de La Meschaussée, seigneur de La Coste et de Pompadour. Elle vécut très âgée et ne mourut que le 14 janvier 1650, ayant vu fondre entre ses mains une immense fortune.
 
François Joseph Rey de Planazu
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François Joseph Rey de Planazu est un scientifique, membre de la Société physique et économique de Zurich, qui a vécu au 18ème siècle.
Dans la préface de l'édition posthume de ses "oeuvres d'agriculture et d'économie rurale, paru en 1801, l'éditeur mentionne que "en 1786 il donna un cours théorique d'agriculture" et qu'"un grand nombre de personnes d'un rang distingué y accoururent pour suivre ses leçons." "On reconnut en lui un savant qui, par ses connoissances agricoles, étoit en état d'améliorer la culture des terres, et chacune de ces personnes s'empressa à l'envi de l'attirer dans sa propriété".

Parmi ses ouvrages parus en 1786 et 1787 (il serait mort cette année là à moins de 40 ans), on peut citer par exemple les contributions suivantes: Traité sur toutes espèces de volaille ou oiseaux de basse-cour; Traité sur les causes de l'état de langueur & d'engourdissement de l'agriculture en France; Tableau annuel de la régie, administration & comptabilité des revenus d'une terre, où l'on voit d'un coup-d'œil, sans être sur les lieux, les produits de toutes les parties d'une terre quelque considérable qu'elle soit.

Surtout, il apparaît comme l'inventeur de procédés ou de machines, destinées à améliorer la production agricole, par exemple: "un charriot propre à transplanter de grands arbres;" "un moulin pour extraire la farine de la pomme de terre;" "une machine servant à découper les turneps [une sorte de navet] et autres racines en terre pour servir d'engrais."
Pour la promotion de ses inventions, Rey de Planazu avait l'habitude de les dédier à un personnage important. C'est ainsi qu'il dédia sa machine servant à découper les turneps, mentionnée ci-contre, à l'Abbé d'Arvillars qui était abbé commendataire de l'abbaye de Longvilliers.



Même si son lien avec Longvilliers n'est qu'indirect et si ses inventions n'ont certes pas révolutionné l'agriculture, Rey de Planazu n'en a donc pas moins contribué à faire connaître le nom de Longvilliers.
 
Le drapeau du grand tilleul
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Le personnage du mois est en fait un objet, mais pas n'importe quel objet puisqu'il s'agit de l'emblème de la France.
Ainsi qu'il est écrit dans l'article 2 de la Constitution française du 4 octobre 1958:


"l'emblème national est le drapeau
tricolore, bleu, blanc, rouge
."



Le 7 Mai 2016 à Longvilliers
Le drapeau tricolore est prêt pour être hisssé
au sommet du grand tilleul
Le drapeau tricolore de la France a un statut unique à Longvilliers, puisqu'il flotte fièrement au sommet du tilleul de la place du 8 Mai, arbre remarquable, haut de plus de 30 mètres et d'une circonférence de près de 4 mètres.
Autrefois, les jeunes conscrits de Longvilliers passaient le "Conseil de Révision" devant les maires du canton. Ils étaient déclarés "Bon" ou "Inapte" au service militaire. A la sortie de la salle, ils achetaient ensemble un drapeau qui fixé sur un "mail" était arrimé au sommet du gros tilleul séculaire de la place du village. Des tirs de fusils de chasse annonçaient cette mise en place. Ensuite les conscrits payaient chacun leur tournée au café du village, avec dégustation de tartes à gros bord.
L'habitude fut prise de procéder à cette montée du drapeau le deuxième samedi du mois de mai, la veille de la ducasse du pays.
Le service militaire a disparu, mais cette tradition séculaire, qui remonte vraisemblablement au milieu du 19ème siècle est néanmoins perpétuée et le drapeau tricolore flotte toujours au sommet du tilleul.

Bailleux, Loir et Chatel (2012) - La grande histoire de Longvilliers: recueil de documents. Tome 5, La Révolution et Longvilliers: la République, 21 septembre 1792 - 10 juillet 1793. Boulogne-sur-Mer: Mémoire boulonnaise, 99 pages.

 
Amélie Rigaux
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Amélie Rigaux était née en 1888 à Frencq, où elle habitait avec sa mère en 1903 au hameau de Lincques.

L'année précédente, elle était restée huit mois au service de Monsieur Fontaine-Segret à Montreuil. Courageuse et forte malgré son jeune àge, elle n'eut probablement pas quitté ses maîtres qui n'avait eu qu'à se louer de ses services.
Mais menacée d'un début d'anémie, elle revint chez elle pour retrouver sa vigueur grâce au grand air et aux travaux des champs.

Le samedi 17 octobre 1903, elle s'était rendue à Montreuil pour voir sa sœur qui était bonne chez Maître Tournant, notaire, et pour se présenter chez Madame Vasseur-Denis, négociante sur la Grande Place, au service de laquelle elle allait entrer.

Elle reprit le train de 4h50, en compagnie de trois personnes: Guerville et sa sœur, tous deux de Longvilliers, et Noël Mégret de Maresville.
Tous quatre descendirent à Beutin et partirent à pied pour Longvilliers, où ils se séparèrent, très gais.
Guerville, un journalier de 22 ans dit en plaisantant à Amélie: "As-tu peur le soir, veux-tu que je te reconduise? Tiens, passe par la ferme de Montéclaire, c'est plus court; quelqu'un qui sera bien attrapé ce sera ton amoureux, s'il t'attend à Tubersent." Tout le monde se mit à rire.

Amélie dit qu'elle n'avait pas peur le soir et qu'elle n'avait pas besoin qu'on la reconduisît. Elle prit le sentier vers Montéclaire pour rejoindre Frencq, mais elle n'arriva jamais chez elle.
La jeune fille, agée de quinze ans, avait été la malheureuse victime de ce que la presse appela LE CRIME DE LONGVILLIERS.
C'est Monsieur Douchin de Longvilliers qui, le lendemain dimanche 18 octobre 1903, découvrit son corps dans la plaine de Longvilliers, où il chassait. Ce drame atroce produisit une émotion considérable chez les habitants de Longvilliers.
L'autopsie permit d'affirmer que le mobile du crime n'avait pas été le viol. En revanche l'argent que la jeune fille portait sur elle, environ 5 francs, avait disparu.
Rapidement, le meurtrier présumé fut arrêté; il s'agissait d'un manœuvre habitant également le hameau de Licques, nommé Arsène Jougleux, àgé de 37 ans, marié et père de six enfants. L'après-midi du crime, il avait fait la tournée des estaminets de Frencq et avait bu abondamment, sans payer ses consommations. Il s'était ensuite rendu dans le bois de Rosamel où il avait tendu des collets, à proximité du lieu du crime.
Dans la soirée il revint dans les estaminets et règla ses dettes, soit 4 francs 50.
En dépit des charges accablantes pesant contre lui, Jougleux refusa d'avouer le crime. Il fit deux tentatives de suicide peu après son arrestation, et finalement se pendit un mois plus tard dans la prison de Montreuil, mettant ainsi fin à l'instruction.


JOURNAL DE ROUBAIX - Vendredi 20 Novembre 1903

Bailleux C. et Caloin R. (2008) - La grande histoire de Longvilliers: recueil de documents. Tome 1, Longvilliers à travers la presse régionale, 1870-1920. Boulogne-sur-Mer: Mémoire boulonnaise, 80 pages.

 
Antoine de Lumbres
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Antoine de Lumbres, né vraisemblablement avant 1500 à Licques (Pas-de-Calais), fut distingué par le Cardinal de Richelieu qui apprécia son esprit élevé et instruit, son caractère ferme et loyal. Cela lui valut un certain nombre de titres et distinctions, dont on trouve la mention sur sa pierre tombale:

YCI GIST LE CORPS DE DEFUNCT
MESSIRE ANTOINE DE LUMBRES
CHEVALIER SEIGNEUR CHATELAIN
DE LONGVILLIERS MARQUISSE
HERBINGHEN, DANNES ET
AUTRES LIEUX CONSEILLER DU
ROI EN SES CONSEILS DESTAT
ET PRIVE ET SON EMBASADEUR
EN POLOGNE ET EN ALEMAIGNE
PENDANT LES PASCE DE 16
ANS LE QUEL EST DECEDE
LE 14E JOUR DE MAI 1676

Ses armoiries, "d'azur à la bande d'or chargée de trois lionceaux de gueules", sont celles de la commune de Lumbres (Pas-de-Calais).

En 1669 Antoine de Lumbres devint propriétaire de la châtellenie de Longvilliers, où il mourut le 14 mai 1676. Son épouse, né Marthe de Levrien (ou Levrient), mourut également à Longvilliers le 21 septembre 1681, à l'âge de 90 ans.

La pierre tombale d'Antoine de Lumbres se trouve dans la chapelle du transept droit de l'église Saint-Nicolas de Longvilliers dédiée à Saint-Antoine. On y trouve ses armoiries et l'inscription rapportée ci-contre.

 
Gabriel-Ambroise de Bernes de Longvilliers
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Gabriel-Ambroise de Bernes de Longvilliers, marquis de Longvilliers, est né 9 avril 1755 à Walincourt (Nord) et est décédé en 1832.

Il est le fils d'Antoine François Louis Marie de Bernes de Longvilliers (1727-1811) et de Catherine de Salperwick (1728-1765).
Officier de cavalerie, il épousa le 20 mai 1779 Marie Joseph Isabelle van Cappel de La Nieppe, dont il eut deux enfants, Charles Xavier de Bernes de Longvilliers et Marie Antoinette Françoise de Bernes de Longvilliers.
C'est lui qui en 1780 fit reconstruire le château de Longvilliers. Pour cela les pierres de l'ancienne forteresse furent récupérées pour édifier le logis principal dans le style de l'époque, en conservant cependant l'une des tours. Suite à la révolution, il dut émigrer et ses biens, dont le château de Longvilliers furent confisqués et vendus.

Cependant en 1857, son neveu Octave de Bernes de Longvilliers racheta le château, sans ses terres, aux enchères.
 
Giraux Sannier
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Giraux Sannier est un architecte renommé du XVIIIème siecle, né en 1721 à Saint-Martin-Boulogne au Mont Lambert et décédé le 30 septembre 1804.
Parmi ses réalisation encore visibles de nos jours, citons les châteaux d'Arry (dans la Somme), de Saint-Martin-Choquel, d'Hesdin l'Abbé (qui est maintenant l'hôtel Cléry), de Recq à Recques-sur-Course, de Colembert, l'église paroissiale Saint-Nicolas située place Dalton à Boulogne-sur-mer et l'hôtel construit pour le vicomte François Desandrouin à Boulogne-sur-mer, connu sous le nom de Palais impérial, Napoléon Bonaparte y ayant séjourné à plusieurs reprises. Aujourd'hui, le Palais impérial, situé 3 place Godefroy de Bouillon, est admirablement restauré et meublé selon l'époque; il abrite la Maison de la Recherche de l'Université du Littoral.

Le Lycée polyvalent de Saint-Martin-Boulogne porte son nom.
Des projets de travaux pour l'abbaye Notre-Dame de Longvilliers lui avaient été demandés. En raison de la démolition de l'abbaye à la révolution, on ne sait pas si ces travaux furent effectués.
Plusieurs croquis réalisés par Giraux Sannier datant de 1767 relatifs à ces travaux sont conservés à la bibliothèque municipale de Boulogne-sur-Mer: grille principale, chaire, petits autels et reposoir pour l'exposition du Saint Sacrement.


Projet de grille pour l'abbaye de Longvilliers
par Giraux Sannier
 
Le hareng côtier
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Ce personnage du mois est un poisson, mais pas n'importe lequel puisqu'il s'agit du "poisson roi" de la Côte d'Opale, le clupea harengus, une espèce de hareng. Ce petit poisson appartient à la famille des clupéidés, comme la sardine, l'anchois, l'alose, etc.
Le "hareng d'automne" est celui qui préfère la Côte d'Opale pour se reproduire. Chaque année il chemine, à dates fixes et par millions, le long de celle-ci.

En 1179 le pape Alexandre III donna l'autorisation d'exiger la dîme des harengs dans le comté de Flandre. Dans une charte de 1192, Ide, comtesse de Boulogne, renouvela pour Petresse [hameau devenu Saint-Pierre et absorbé par Calais en 1885] et Calais l'ordonnance du comte Philippe, son oncle, relative à la dîme des harengs (decima allecium*) au profit de l'abbaye de Saint-Bertin.

*dans le latin du moyen âge le hareng était nommé allecium ou allec.

de Witte C. (1777) - Le grand Cartulaire, ou Recueil général et chronologique des Chartes et Titres de l'abbaye de Saint-Bertin, Tome 1, pages 524-525.

Toutefois, il semble bien que, en dépît de toutes les pressions exercées, ce nouvel impôt n'ait jamais été acquitté, certains menaçant même de décimer les moines de Saint-Bertin plutôt que de leur payer la dîme.

Guérard M. (1840) - Collection des cartulaires de France, Tome III: Cartulaire de l'abbaye de Saint-Bertin. Paris: Crapelet, pages LXXII-LXXV.
Un lien officiel du hareng côtier avec Longvilliers a existé au moins depuis le 12ème siècle puisque la charte mentionnée ci-contre était cosignée par Hugues, abbé de Longvilliers (Hugo, abbas de Longvilleirs).


Plus récemment, de 1979 à 2002, Longvilliers a été l'une des communes participantes de l'un des plus grands festivals de folklore français qui se déroulait à Etaples-sur-Mer et dans les communes voisines.
Ce festival rassemblait, généralement autour du 15 août, les plus fameuses formations de danses folklorique et de chants traditionnels des provinces françaises, y compris des départements d'Outre Mer.

C'est le hareng qui donnait son nom au concours organisé dans le cadre de ce festival, les meilleures formations étant récompensées par des Harengs d'Or, d'Argent et de Bronze.

La municipalité de Longvilliers possède une série d'assiettes commémoratives de ce concours du Hareng d'Or.

1984 1986
1988 1990 1993 1997
2000 2002

De nos jours l'arrivée du hareng d'automne est fêtée à Longvilliers au cours de la "soirée hareng" organisée par le Comité des Fêtes, qui a lieu cette année 2016 le 5 novembre.
 
Ernest Bigand
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Ernest Bigand, né à Frencq en 1843, était instituteur à Longvilliers avant la fin du 19ème siècle.
On peut voir, dans le recensement de 1886 qu'il y habitait avec sa femme et son père.



La mairie de Longvilliers possède dans ses archives un document manuscrit, que ceux qui le connaissent appellent "le cahier de l'instituteur".
Ce document ne comporte ni nom de l'auteur ni date, seulement la mention qu'il a été réalisé pour l'exposition scolaire à Arras.

Ceci fait référence à l'exposition scolaire organisée à Arras en 1888, en vue de sélectionner les travaux qui représenteraient le Pas-de-Calais à l'exposition universelle de 1889. A cette occasion furent écrites de nombreuses monographies communales.
C'est Ernest Bigand qui était l'instituteur de Longvilliers à cette date et qui est donc l'auteur de ce texte, qui comporte 227 pages, dont quelques unes sont manquantes. Ce document, plutôt q'une véritable monographie, constitue un travail de géographie locale pour les leçons.
 
Sainte Ide de Boulogne
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Ide de Boulogne (ou Ide de Lorraine) fut une femme exceptionnelle.
Descendante de Charlemagne et nièce du Pape Etienne XI, elle naquit vers 1040 en Ardennes. Elle épousa à 17 ans Eustache II, dit aux Gernons (longues moustaches), qui fut comte de Boulogne de 1047 à 1088 (environ).

Son influence politique fut considérable. Elle fut mère de deux rois, Godefroy de Bouillon et Baudouin d'Edesse, souverains du royaume latin de Jérusalem, et sa petite fille Mathilde monta sur le trône d'Angleterre.
Elle décéda en 1113, après avoir fondé de nombreuses abbayes, surtout en Picardie. Sa charité auprès des pauvres lui valut de devenir sainte. On dit, qu'après avoir été à la tête d'une immense fortune, elle mourut en ne possédant plus que sa robe de bure, ayant tout donné aux pauvres et au financement de la première croisade.

Elle est fêtée le 13 avril qui pourrait être le jour décès. En avril 1478, le roi Louis XI la nomma patronne de Boulogne et de son comté.

Dickès J.-P. (2004) - Sainte Ide de Boulogne. Versailles: Éditions de Paris, 262 pages.
Ducatel F. (1900) - Vie de Sainte Ide de Lorraine, comtesse de Boulogne. Boulogne: éditions Desclé, 239 pages.
Grammont P. (1978) - Ide de Lorraine, comtesse de Boulogne: Une vie sainte en des temps difficiles, 1040-1113. Bayeux: Monastè des bénédictines, 83 pages.

C'est son époux Eustache II qui fit construire en 1049 une forteresse qui fut à l'origine du développement de Longvilliers.
Selon dans la chanson du chevalier au cygne, texte écrit au 13ème siècle pour rehausser la gloire du héros de la première croisade, Godefroy de Bouillon, en lui donnant une origine mythique, Eustache II aurait possédé à Longvilliers une ferme de 1000 moutons. On peut lire dans ce texte que le comte ("li quens") Eustache donna la métairie de Longvilliers à son épouse Ide.
Ce don provoqua aussitôt chez celle-ci le désir d'avoir des enfants (page 19)
Selon Ernest Deseille (1885-1886), ce don pourrait avoir déterminé la comtesse Ide à séjourner quelque temps à Longvilliers avec son fils, Godefroy de Bouillon, "dans un lieu si propice au développement de la santé et des forces d'un enfant". Le nom de Godefroy de Bouillon fut d'ailleurs donné à une tour du château de Longvilliers.
On peut encore noter que la petite fille de Ide, Mathilde eut un rôle important dans la création de l'abbaye Notre Dame de Longvilliers.

La chanson du chevalier au cygne et de Godefroid de Bouillon publiée par C. Hippeau (1877). Deuxième partie Godefroid de Bouillon. Paris: Chez Auguste Aubry, page 15.
Deseille E. (1885-1886) - Mémoires de la Société Académique de l'Arrondissement de Boulogne-sur-Mer, tome 8. Boulogne-sur-Mer: Imprimerie Aigre, page 17.

 
Le Cardinal de Richelieu
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Son abbaye royale cistercienne a fait que des personnages parmi les plus illustres du royaume ont eu des liens avec Longvilliers. Ainsi le personnage du mois est le Cardinal de Richelieu, né sous le nom d'Armand Jean du Plessis.
Du 29 avril 1624, date à laquelle il entra au Conseil du roi Louis XIII, jusqu'à sa mort, dix-huit ans plus tard, on peut dire qu'il fut le maître de la France. Il est aussi célèbre pour avoir fondé en 1635 l'Académie française.


Quelques dates marquantes de sa vie

9 septembre 1585 - Naissance de Richelieu à Paris
18 décembre 1606 - Le roi Henri IV le nomme évêque de Luçon à 21 ans
5 septembre 1622 - Il est fait Cardinal
29 avril 1624 - Il entre au Conseil du roi Louis XIII
13 août 1624 - Il en prend la direction (équivalent de premier ministre)
26 novembre 1629 - Le titre de duc de Richelieu, pair de France est créé
29 janvier 1635 - Il fonde officiellement l'Académie française
4 décembre 1642 - Mort de Richelieu à Paris
C'est par une lettre, datée du 6 mai 1642 et adressée à François Sublet de Noyers, secrétaire d'état du roi Louis XIII, que Richelieu fait la demande au roi de "gratifier" Roger d'Aumont de Chappes de l'abbaye de Longvilliers, pour succèder à Claude de S. Bonnet de Toiras (Avenel, 1874, page 305).

Cette lettre illustre le régime de la commende selon lequel l'abbaye était donné par le roi en usufruit, ou commende, à un ecclésiastique (ou même à un laïc), le commendataire qui en percevait les revenus, souvent sans aucune contrepartie (voir la partie Histoire). Ce dernier était bien évidemment choisi parmi les fidèles serviteurs de la monarchie.
Malgré la démolition de l'abbaye à la révolution, ce choix de Richelieu a laissé des traces encore visible de nos jours, puisqu'à l'entrée de la ferme de la Longueroye, qui était une dépendance de l'abbaye, on peut voir un blason sculpté qui représente les armes de Roger d'Aumont de Chappes.

La présence de cette pierre laisse penser que Roger d'Aumont de Chappes fit effectuer des travaux de restauration importants dans cette ferme. C'est donc peut-être en partie grâce à Richelieu que la grange cistercienne de la Longueroye, classée monument historique, est encore remarquable de nos jours.
 
René de Belleval
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René de Belleval est un historien, généalogiste et homme de lettres, né à Abbeville (Somme) le 27 juin 1837, mort à Beauvais (Oise) le 24 septembre 1900. Il fut également sous-préfet dans plusieurs villes, et en particulier à Béthune (Pas-de-calais).
A la mort de son père, Louis Charles, marquis de Belleval, en 1875, il releva le titre de marquis de Belleval.
Il est l'auteur de nombreux ouvrages d'histoire générale ou régionale et de généalogie, consacrés principalement à la Picardie. Il publia aussi plusieurs romans.
Ses travaux sont basés sur l'importante bibliothèque de documents manuscrits et d'ouvrages imprimés, réunie par sa famille et par lui même. Celle-ci a été dispersée dans des ventes, la première ayant eu lieu de son vivant en janvier 1892.

Visite virtuelle
du château de Longvilliers en 1602
par René de Belleval


Une fortune considérable
au château de Longvilliers en 1602
par René de Belleval
Longvilliers a une place importante dans ses publications.
Cette place est due à un membre de sa famille, François de Belleval, qui fut Baron de Longvilliers de 1593 à 1602 et fut dinstingué par le roi Henri IV qui lui donna le collier de son ordre et en fit un des gentilshommes ordinaire de sa chambre.
C'est en janvier 1593 que François de Belleval épousa l'héritière du château de Longvilliers, Diane de Sourhouette du Halde. Il mourut jeune, en février 1602. Il fut alors établi un inventaire du château. C'est en se servant de cet inventaire et des documents conservés par sa famille que René de Belleval reconstitua le plan du château de Longvilliers et fournit un état des biens considérables qui s'y trouvaient. La description du chàteau montre un ensemble de pièces et dépendances qui paraissent assez luxueux pour l'époque.
Les commentaires de l'auteur mettent en avant l'importance qu'avaient le château de Longvilliers et ses seigneurs. En particulier, à propos de l'artillerie, "c'est ce qui prouve que la possession de Longvilliers exerçait une certaine influence sur les destinées de la contrée." Et à propos des bijoux et pierreries, "Madame de Longvilliers ne devait se laisser distancer par personne, car c'est un véritable éblouis- sement d'or et de pierres précieuses."

de Belleval R. (1879) - Nos Pères, mœurs et coutumes du temps passé. Paris: Th. Olmer.
de Belleval R. (1900) - Les derniers Valois: François II, Charles IX, Henri III. Paris: Librairie historique et militaire Henri Vivien.

 
René de Mailly
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René de Mailly, né aux environs de 1540, appartenait à une famille illustre. Il était le fils de René 1er de Mailly, baron de Mailly et de Marie Françoise de Hangart, dame de Remaugies.
Son père, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi et chevalier de Son Ordre, fut notamment Capitaine et Gouverneur de Montreuil, avec "droit à pourvoir pour sa famille au siège Abbatial de Longvillers en Boulonnais".
Religieux dès 1566, René de Mailly fut Prieur de Davenescourt (Somme) et Abbé de Longvilliers et de Toussains (par résignation de son oncle François). Il mourut le 10 novembre 1618 à Longvilliers.
La pierre tombale de René de Mailly fut retrouvée par Albert Leroy, historien du pays de Montreuil et auteur des "vieilles fermes du pays de Montreuil" paru en 1972, dans une maison de Longvilliers, proche de l'ancienne abbaye. Elle constituait le seuil de cette maison construite avec des matériaux provenant de l'abbaye.
René de Mailly fut un des abbés commendataires les plus remarquables de l'abbaye de Longvilliers dont il assura pendant 52 ans la prospérité. Il releva l'église et les cloîtres démolis pendant les guerres.

 
Gabrielle
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Au 16ème siècle, l'église Saint Nicolas de Longvilliers possédait sans nul doute une très belle sonnerie, digne de son clocher. Mais vers la fin du siècle, les cloches disparurent, victimes de la guerre de la ligue (1585-1598), probablement des espagnols des garnisons d'Hesdin ou de Saint-Omer, et furent sans doute fondues.
Elles furent rapidement remplacées par une nouvelle cloche unique, nommée Gabrielle.

Celle-ci porte l'inscription suivante:

Comme le montre l'inscription ci-contre, Gabrielle est datée de 1598. Elle est due à l'initiative de François de Belleval et de son épouse Diane de Sourhouette du Halde, les châtelains de cette époque. Figurent également les noms de leur fille Marie de Belleval, du curé Carluy, ainsi que de plusieurs habitants de Longvilliers, peut-être les marguilliers (ceux qui avaient la charge du registre des personnes qui recevaient les aumônes de l'église).

Gabrielle pèse 784 kilos, mais elle ne fait que 75 centimètres de diamètre, ce qui relativement peu pour l'importance du clocher. Elle donne le fa.

On notera encore que ce n'est que plus de 200 ans plus tard qu'elle fut complétée par une deuxième cloche, moins lourde, nommée Françoise. Les deux cloches furent bénies le 29 Juin 1902.

Rodière Roger (1899) - Notes sur quelques cloches anciennes de Picardie et d'Artois. Mémoires de la Commission départementale des monuments historiques du Pas-de-CalaisTome II(1), 308-383 (voir pages 334 à 337).

 
Françoise
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Aprè Gabrielle, la plus lourde des deux cloches de l'église Saint Nicolas de Longvilliers qui en 1598 avait remplacé les cloches disparues pendant la guerre de la ligue (1585-1598), le personnage du mois est la seconde cloche, dénommée Françoise.
De part et d'autre de la voute, les deux cordes actionnant les cloches
Elle s'appelle Françoise, c'est une  Longvilloise, elle ne dit pas mi, mais elle donne le la bémol et pèse 400 kgs (contre 784 kgs pour Gabrielle).

Elle aurait pu s'appeler Désirée car il fallut attendre plus de 200 ans pour que l'église Saint Nicolas eût sa seconde cloche. Pourtant, dans son testament du 15 décembre 1679 Marthe de Levrien, Dame de Longvilliers, veuve de Messire Antoine de Lumbres, avait légué à l'église de Longvilliers 150 livres "pour avoir une seconde cloche".
On ne sait pas si cette somme fut effectivement donnée, mais cela n'eut pas de résultat et il fallut attendre qu'Arnold de Bernes, Marquis de Longvilliers (1852-1914), offrît cette seconde cloche.
A noter que les deux cloches furent bénies le 29 Juin 1902.

Rodière Roger (1899) - Notes sur quelques cloches anciennes de Picardie et d'Artois. Mémoires de la Commission départementale des monuments historiques du Pas-de-CalaisTome II(1), 308-383 (voir pages 334 à 337).

 
Truando
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Le personnage du mois est un trio de musiciens, qui se présente lui-même de la manière suivante.

C'est un trio débilatoire pour animations de rue, concerts, kermesses, baptêmes,…
Prenez un pianiste bercé trop près du mur par la musique classique et la variété française, un guitariste passionné des Beatles et de la pop anglaise. Mélangez le tout avec un batteur percussioniste fou et burlesque, mettez leur des roulettes histoire de pouvoir bouger et un costume histoire de paraître sérieux et vous obtiendrez Truando.
Le mélange est explosif, bourré d'humour tout en étant bien entendu musical.
Afin d'ajouter une touche supplémentaire, le trio se veut déambulatoire, avec deux chariots équipés afin de pouvoir déambuler dans les rues ou expos mais peut être aussi en installation fixe.

Les trois acolytes sont Yohann Ducamp (guitare, champ), Laurent Binda (percussions, choeurs) et J-Ph Rabbit (clavier, chant).
Le trio Truando a donné un concert gratuit dans les jardins de la mairie de Longvilliers le vendredi 7 juillet 2017 à 18h30, dans le cadre du festival Monte le Son, qui annonce le festival Rock-en-Stock d'Etaples-sur-Mer.

Télécharger
la présentation du trio Truando
 
Roger Rodière
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Roger Rodière, né et décédé à Montreuil-sur-Mer, respectivement le 3 octobre 1870 et le 14 septembre 1944, était un érudit historien qui laissa une œuvre particulièrement importante. Sa fortune personnelle, héritée de son père Jacques Rodière, notaire, lui permit de se consacrer à l'histoire régionale et à l'archéologie. Il fut spécialiste reconnu dans de nombreux domaine comme l'épigraphie, l'héraldique, la généalogie et l'archi- tecture, et tout particulièrement en ce qui concerne le pays de Montreuil-sur-Mer.
Sa bibliothèque, qui fut léguée aux Archives départe- mentales du Pas-de-Calais, constitue un ensemble précieux dans tous les domaines précédents.
Il fut secrétaire de la Commission Départementale des Monuments Historiques du Pas-de-Calais pendant plus de trente ans (1912-1944). On pourra trouver la liste de ses publications sur le site de la Bibliothèque nationale de France qui mentionne 162 documents, dont 151 publications dont il est l'auteur et 4 ouvrages collectifs dont il est l'éditeur scientifique.
Le 15 juin 1973, le musée du Vieux Montreuil fut renommé musée Roger Rodière, lui rendant ainnsi un hommage mérité. Classé musée de France le 1er janvier 2003, il est installé dans la citadelle de Montreuil-sur-Mer.
Si Roger Rodière eut souvent l'occasion de faire référence à Longvilliers, trois de ses publications con- cernent son église et fournissent de précieuses indications.

Dans la première (Rodière, 1899), il donne une description détaillée de la plus grande des deux cloches, datée de 1598, et fournit des renseignements importants sur les seigneurs de cette époque.

Dans la deuxième (Rodière, 1925), il met en avant la restauration des dalles funéraires, due à l'initiative de François de Bernes, marquis de Longvilliers.

Dans la troisième (Rodière, 1935), il constate que le blason qui figure sur la clef de voûte du croisillon nord porte les armes de François de Créquy, devenu seigneur de Longvilliers par son mariage avec Marguerite Blondel en 1473, et décédé en septembre 1518. Selon Rodière ces dates limitent celle de la construction de cette partie de l'église. Il remarque également que les deux écussons sur la verrière du maître-autel sont les armes des père et mère de Marguerite Blondel: Jean Blondel et sa femme Chrétienne de Courteheuse. Ceci semblerait indiquer que le chevet serait plus ancien que le croisillon nord. Cependant, pour Rodière l'église paraît bien avoir été construite d'un seul jet: "Il est probable que les travaux, commencés par l'abside, furent exécutés avec quelque lenteur, et que Jean Blondel, encore vivant quand on construisait le choeur, était remplacé par son gendre lors de l'érection du transsept."

Rodière R. (1899) - Notes sur quelques cloches anciennes de Picardie et d'Artois. Mémoires de la Commission départementale des monuments historiques du Pas-de-Calais, II(1) 308-383 (voir pages 334 à 337).
Rodière (1925) - Communication sur les monuments funéraires de l'église de Longvilliers. Bulletin de la Commission départementale des monuments historiques du Pas-de-Calais, IV(5), pages 472-473.
Rodière R. (1935) - De l'utilité du blason pour dater les églises. Mémoires de la Commission départementale des monuments historiques du Pas-de-Calais, 3(4), 409-425 (voir pages 418 et 419).

 
Les frères Dixson
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Le personnage du mois est un clan composé de quatre frères, les Dixson (ou Decson), une famille d'aventuriers écossais.
Il s'agissait de Charles, l'aîné, archer de la garde écossaise du corps du roi, ou "corps des 25 apppointés de la compagnie écossaise" plus connus sous l'appel- lation "gardes de la Manche", puis gouverneur d'Etaples; Thomas; Alexandre, écuyer demeurant à Longvilliers puis à Recques; Adam.

Ces quatre aventuriers terrorisaient le Haut-Boulonnais.
Quand Ambroise de Besgues (ou Begge), chevalier seigneur de Longvilliers à partir de 1555, meurt sans enfant, au plus tard en 1560, c'est sa sœur Anne qui devient "dame de la châtellenie de Longvilliers", jusqu'à son décès en 1578.
Elle avait épousé Michel d'abord d'Orbesson dont elle avait eu une fille Marguerite d'Orbesson qu'épousera Thomas Dixson, puis en seconde noce Charles Dixson.

Roger Rodière (1933, pages 296-297) décrit ainsi cette période agitée de l'histoire de Longvilliers:
« quand Longvilliers tomba, des nobles et généreuses mains des Créquy, aux crocs rapaces des Besghes et des d'Orbenson, puis surtout des Dixson, son histoire n'est qu'une succession de rapts, de captations et de brigandages, jusqu'au jour où, le 15 décembre 1578, le roi donne lettres patentes pour assembler le ban et l'arrière-ban, pour assièger Charles et Thomas Dixson », réfugiés au château de Longvilliers.

Champagne M. (2011) - La châtellenie de Longvilliers de 1513 à 1650. Wambrechies: Groupement Généalogique de la Région du Nord.

Rodière R. (1933) - La Picardie Historique et Monumentale. Le Pays de Montreuil. Amiens: Yvert, Paris: Picard.
 
L'abbé Robert Paul Lepoutre
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L'abbé Robert Paul Lepoutre est né à Roubaix le 9 février 1898 et est décédé à Mouvaux le 23 décembre 1985. C'était un homme d'«un dynamisme peu commun» et d'une «proverbiale modestie» (La Voix du Nord, septembre 1953), qui fut apprécié partout où il passa. C'était aussi un érudit, qui obtint à Rôme les diplômes de docteur en philosophie scolastique en italien et de docteur en philosophie en anglais.

La Voix du Nord, 1976

L'aspect de sa vie qui nous intéresse ici est que, en 1933, sa famille achète une propriété dite «manoir de Menneville», à Echinghen près de Boulogne-sur-mer. C'est lui qui en est l'instigateur, bien entendu pas pour avoir un bien personnel, mais pour faire une colonie de vacances pour sa paroisse d'origine, Saint Martin de Roubaix, avec construction d'une chapelle, d'une piscine et de dortoirs.
C'est de là qu'il parcourt avec une énergie sans faille tout le Boulonnais, passionné par l'histoire locale et la géologie de cette région. Il publie ainsi un ouvrage en trois volumes intitulés Itinéraires en Boulonnais. Il s'agit d'un guide dactylographié pour des circuits de balades historiques, comportant de nombreuses illustrations et cartes.
Notons que son œuvre caritative au manoir de Menne- ville a été poursuivie sous une autre forme, puisque celui-ci est depuis 1982 la propriété d'Emmaüs.
En ce qui concerne Longvilliers, on lui doit notamment deux essais de reconstitution, d'une part du château au début du XVIIe siècle, et d'autre part du site de l'abbaye.


Dessins de l'abbé Robert-Paul Lepoutre


Pour en savoir plus
Bulletin N°71
de l'Association Culturelle et Historique
de Faches-Thumesnil (septembre 2007)

Longvilliers