SUR LES CHEMINS DU PATRIMOINE: LE CHÂTEAU


Le site du château se trouve sur un petit promontoire de la rive droite de la Dordonne. Il fait face à l'église, située de l'autre côté de la route qui conduit à Frencq.

Par delà le charme des vieilles pierres, les ruines du château s'inscrivent majestueusement dans le paysage.

Les risques de chutes de pierres dissuadent de s'approcher des murs, mais on peut néanmoins facilement remonter le cours de l'histoire et imaginer ce que furent la forteresse du moyen âge et le château reconstruit au 18ème siècle.
Si le château fut détruit par un incendie en 1900, on peut néanmoins sans trop d'effort reconstituer son aspect au 19ème siècle.
Pour le construire dans la deuxième moitié du 18ème siècle, on avait récupéré les pierres de l'ancienne forteresse pour édifier le logis principal dans le style de l'époque, en conservant cependant l'une des tours.

On remarquera la suite de pilastres d'ordre toscan qui se détache de la façade et encadre des fenêtres rectangulaires.
Le château fut réparé après la guerre de la ligue, qui à la fin du 16ème siècle lui occasionna des dégâts. La tour qui a été conservée a sans doute été reconstruite: la cheminée qui reste porte en effet la date de 1615.
Un examen attentif, confirmé par des photos aériennes, permet d'apercevoir les fondations de cinq bâtiments ronds, trois en ruines et deux disparus. L'enceinte, qui était entourée de fossés, comportait donc des tours cylindriques. On sait que l'une des tours qui encadraient le pont levis a été entièrement démantelée au 18ème siècle au cours de la construction du nouveau château.
Il y avait donc six bâtiments ronds, vraisemblablement cinq tours prises dans l'enceinte et un bâtiment rond à l'extérieur au Sud-Est. On ne peut dire de ce dernier s'il s'agissait du donjon situé à l00 mètres de la poterne (porte dérobée percée dans la muraille) ou d'une simple barbacane (fortification avancée).
On atteignait le château après avoir passé un fossé et une porte encadrée de deux grosses piles de briques. On peut encore remarquer le damier en grès et silex des murs de soutènement de la rampe d'accès.
En continuant de remonter le temps, on peut encore distinguer les vestiges de la première enceinte de pierres, probablement du 11ème siècle.

Un effort d'imagination permet de se représenter ce que fut probablement la première forteresse au milieu du 11ème siècle. Il est suggéré par les appellations des lieux-dits autour du château: la plaine du plouy, qui se trouve sur la commune de Cormont, juste au Nord du château actuel, et le bois du plouy à Longvilliers.
Le terme plouy (probablement issu d'un mot celte ploicum), qu'on appelle ailleurs plessis, laisse penser qu'il s'agissait d'un groupe des maisons fortes cernées de fossés, mais non bâties sur motte, qui aurait existé jusqu'à la prise de possession des lieux par la famille de Cayeux à la fin du 12ème siècle.

Fossier R. (1979) - Etapes de l'aménagement du paysage agraire au pays de Montreuil. In: Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public. 10e congrès, Lille, 1979. Le paysage rural: réalités et représentations, 97-116.


Dessin de l'abbé Robert-Paul Lepoutre

Un inventaire établi après le décès de François de Belleval en 1602 décrit une vaste construction en pierres, carrée, renfermant une cour intérieure sur laquelle prenaient jour tous les appartements.
Le schéma ci-contre est une tentative de reconstitution du château fort, à partir des suppositions suivantes. Le château était entouré par une forte enceinte rectangulaire orientée Nord Sud dans le sens de la longueur. Le pont levis, qui était situé à l'Est, approximativement à la hauteur du premier tiers du mur d'enceinte en partant de l'angle sud, était protégé par deux tours. En face, flanquant le mur d'enceinte ouest, se trouvait une tour plus importante.

En outre il y avait une petite tour flanquante au milieu de la muraille Nord et une dernière tour plus importante à l'angle des murs d'enceinte Ouest et Sud.

Ne subsistent que la tour sud-ouest, la grosse tour de l'Est qui laisse voir quatre étages, une grande cheminée et des murs de deux mètres d'épaisseur, ainsi que les fondations de la petite tour du Nord.

L'habitation seigneuriale se situait entre ces deux tours et séparait l'espace intérieur de l'enceinte en deux parties inégales.
Dans l'inventaire de 1602, il est fait état d'un ensemble de pièces et dépendances qui paraissent assez luxueux pour l'époque.

Les logements principaux (rez de chaussée et premier étage) étaient assez vastes et reliaient les tours de l'est et de l'ouest.

De plus les étages des tours étaient aménagés en chambres habitables et en greniers.
Se servant de cet inventaire et des documents conservés par sa famille, le marquis René de Belleval a tenté de reconstituer le plan du château en 1900. Cette reconstitution fournit de nos jours une visite "virtuelle" du château en 1602.

de Belleval R. (1900) - Les derniers Valois: François II, Charles IX, Henri III. Paris: Librairie historique et militaire Henri Vivien, pages 233-243.

Visite virtuelle
du château



Longvilliers